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Bonne Nuit PunPun

  • Publié par DJ Black Buster
  • mar 09 déc. 14 - 15:54
  • Manga
  • Genre: music
  • 703 vue(s)

Parlons Manga

Oui aujourd’hui parlons manga, et plus précisément manga tranche de vie. Pourquoi d’ailleurs ? Nous sommes (si vous ne le saviez pas encore) les plus grands consommateurs de manga japonais après nos chers amis nippons. Et oui ça vous en bouche un coin, hein hein hein !

Plus sérieusement je tenais à vous parler d’une série, d’une œuvre d’un des auteurs japonais les plus talentueux de ces dernières années à savoir Bonne Nuit PunPun d’Inio Asano.

Petit constat :

Je possède énormément de mangas (près de 800) du coup j’en ai lu beaucoup et continue d’en lire tout autant que j’écoute de la musique, pratique le jeu vidéo ou me jette devant un bon film au ciné quand je ne parcours pas les allées d’une expo.

Seulement ces dernières années peu de mangas m’auront impressionné. De par leurs histoires, par leurs dessins et par leurs approches ,ou encore l'utilisation de thèmes récurrents comme les sempiternels héros orphelins voulant se faire des amis et accessoirement devenir les mecs les plus fort par la seul force de leur volonté, ces derniers ont accentué ce côté répétitif et peu inspiré. Attention, je ne dis pas non plus que des titres comme Naruto ne sont pas de qualité au contraire (One Piece, hors DBZ qui reste inclassable pour moi, est le meilleur shonen pour moi par exemple) ou encore moins que tous les mangas ne parlent que de ça (Blame, Ascencion, La cité des esclaves etc. en sont de très bons exemples) mais seulement que la visibilité des titres moins évocateurs est assez réduite ce qui est fort regrettable. La faute à qui ? Aux éditeurs qui ne font pas assez l’effort de mettre en avant certains très bons titres voire ne les supportent pas assez (Panini manga et Sidooh par exemple, un titre de qualité mais très mal supporté par son éditeur…) et au public qui peut-être se contente un peu trop de ce qu’on lui sert ? Mais si c’était aussi facile nous le saurions n’est-ce pas ?

Il faut aussi dire que le public est moins friand de titres moins commerciaux et que les lire s’apparente à faire partie d’une certaine catégorie de lecteurs, avisés ou pas, curieux ou pas… Il est donc nécessaire de militer en faveur de l’ouverture d’esprit et via les espaces dédiés (librairie manga, manga café ou les deux souvent tenus par des passionnés), de se laisser conseiller des titres nouveaux pour notre bonne curiosité. Certains espaces comme Manga Space dans le 18ème arrondissement de Paris, ou encore les bibliothèques de vos villes et quartiers, les CDI aussi sans oublier les sites spécialisés , les blogs, les forums, peuvent répondre à cette envie que vous pourriez avoir de découvrir de nouveaux titres pour petits et grands.

Asano ce génie.

S’il y a bien une chose que j’ai remarquée dans mes lectures des mangas d’Inio Asano, c’est son approche très réaliste de l’être humain mais plus particulièrement sa manière de dépeindre le malaise de la jeunesse (japonaise de surcroît) et ses questionnements multiples. D’un monde formidable à Bonne Nuit PunPun, Asano a su mixer ses peurs, ses pensées, ses expériences passées tout en composant avec une approche parfois mystique des désirs fondamentaux de notre humanité. Et c’est en ce sens que je pense que Bonne Nuit PunPun est de loin son œuvre la plus aboutie au-delà du fait que ce soit la plus longue (prévu en 7 tomes au départ mais finie pour notre plus grand bonheur en 13). Asano décrit Bonne Nuit PunPun comme un road movie de l’enfance à l’âge adulte avec tout ce que cela implique, de bonheur, de malheur, de difficultés, d’insouciance ou encore de rêves égarés çà et là.

Bonne Nuit PunPun

Ne vous fiez pas aux couleurs arc-en-ciel de la collection complète, encore moins comme moi aux premières pages du tome 1, après tout, un héro et sa famille aux formes et dessins des plus enfantins que l’on prendrait pour un extra-terrestre perdu, oui très sincèrement ne vous y fiez pas. Car ce manga est un seinen (manga pour «adultes» dirait-on) et comme sa catégorie l’indique il n’est pas spécialement à mettre entre toute les mains.

Bonne Nuit PunPun suit l’histoire de PunPun de la primaire à l’âge adulte et tout particulièrement de sa rencontre avec celle dont il tombera amoureux dès le premier regard, la belle Aiko Tanaka. Car vous vous en doutez bien, PunPun n’est pas vraiment un garçon comme les autres malgré les apparences, timide, très peu bavard, suiveur plus que leader il est à l’image de notre vision des japonais, jamais dans l’excès, toujours dans le respect. Et c’est justement sa manière d’être, son évolution que nous allons suivre jusqu’au dénouement de ces 13 tomes toujours avec Aiko Tanaka en fond. Car notre vision du monde change au fur et à mesure des expériences, des difficultés que nous rencontrons, des malheurs que nous subissons, des moments de doutes, de questionnements, notre personnalité prend forme grâce aux bons et mauvais côtés de la vie.

Mais PunPun est particulier, tout d’abord dans son dessin, de par cette forme qu’il a (ce visage que nous ne voyons pas sont des manières de pouvoir s’identifier à lui sans vraiment le faire) et ensuite dans son approche de son environnement, ses questionnements toujours plus existentiels, sa timidité, ce repli constant sur lui-même à l’inverse de ce sentiment qu’est l’amour qui nous pousse à donner plus qu’à recevoir et à cette envie qu’il a de vouloir changer, d’évoluer, de vivre de nouvelles expériences , d’être plus humain, d’être tout simplement comme les autres.

Ajoutons à cela des amis tous plus particuliers les uns des autres, une mère en retrait, un oncle squatteur, un père aimant/absent, un dieu blagueur, des coups, des blessures au sens propre comme au figuré, du sexe, de la perversion, de l’amour et de la haine, une intelligence dans l’écriture et l’on obtient ce qui s’est fait de mieux dans le genre ces dernières années.

Emplie de métaphore visuelle, de personnages hauts en couleur, parfois déroutante dans sa lecture, parfois choquante dans ses images, flirtant souvent entre l’ange et le démon, violente dans ses approches, cette œuvre, car oui c’en est clairement une, nous permet une vision particulière de l’humain via le manga. Ce road movie à la japonaise des éditions Kana est à lire et relire absolument.

Après Le Champ de L’arc-en-ciel (Nijigahara Holograph), Inio Asano signe encore un manga particulièrement inspiré et novateur pour notre plus grand bonheur.

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